ACCORD SUR LA MODERNISATION
DU MARCHE DU TRAVAIL
Une avancée importante sur la voie de "flexisécurité" à la française a été accomplie par les partenaires sociaux avec le récent accord sur la modernisation du marché du travail. Après quatre mois d'intenses discussions, les délégations patronales et syndicales sont parvenues à élaborer un projet d'accord le 11 janvier 2008.
Un accord national interprofessionnel est valide si une majorité d'organisations syndicales (représentatives au niveau national) ne s'y oppose pas. Or, parmi les 5 syndicats représentatifs concernés (CFTC, CFDT, FO, CFE-CGC et CGT), seule la CGT a, à ce jour, refusé de signer l'accord sur la modernisation du marché du travail. Coté patronal, le Medef, l'UPA (artisanat) et la CGPME se sont déjà prononcés en faveur de la signature dudit accord, qui, selon le ministre du Travail, Xavier BERTRAND, ne devrait faire l'objet d'aucune modification lors de sa transcription législative.
Ce tournant social paraît dès lors confirmer que le législateur a eu raison, dans la loi de modernisation du dialogue social de 2006, de donner d'abord la main aux partenaires sociaux pour fixer la norme sociale … Rappelons en outre que l'accord stipule expressément que "compte tenu de la nature et des objectifs du présent accord, qui vise à moderniser le marché du travail, à développer l'emploi et à sécuriser les parcours professionnels, les parties signataires conviennent qu'il ne peut être dérogé à ses dispositions par accord de branche ou d'entreprise." En tout état de cause, l'accord est désormais validé, et devrait avoir, très prochainement, des répercussions positives pour les PME.
En effet, l'allongement de la période d'essai, souplesse supplémentaire pour l'employeur, devrait avoir des effets bénéfiques pour l'emploi dans les TPE/PME. De même, la rupture conventionnelle, véritable "troisième voie" après le licenciement et la démission, vise à clarifier et sécuriser les rapports entre employeur et salariés, en apportant davantage de fluidité au bénéfice de tous.
Nous soulignons par ailleurs que l'augmentation de l'indemnité minimale légale de licenciement comme la portabilité des garanties complémentaires santé et prévoyance impacteront sur le coût du licenciement, mais seront sans conséquences sur l'embauche d'un nouveau salarié, contrairement aux mécanismes de "transférabilité" évoqués durant les négociations. Enfin, la Confédération s'attachera, au sein de la CGPME, à ce que soit réexaminée la question de la réparation judiciaire du licenciement, avec notamment la fixation d'un barème maximal d'indemnisation, afin d'apporter une solution au problème des PME qui subissent parfois des sanctions susceptibles de porter atteinte à leur pérennité même.
Texte de l'Accord
LES PRINCIPAUX APPORTS DE L'ACCORD
SUR LA MODERNISATION DU MARCHE DU TRAVAIL
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Flexibilité du marché du travail |
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Période d'essai |
La période d'essai serait fixée au niveau interprofessionnel, sauf accord de branche prévoyant une durée supérieure. Ladite période irait de 1 à 2 mois pour les ouvriers et employés, de 2 à 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, et de 3 à 4 mois pour les cadres |
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Cette durée pourrait être reconduite une fois par des accords de branche, avec des plafonds de 4, 6 et 8 mois respectivement, renouvellement compris |
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La durée d'une stage de fin d'études sera prise en compte dans la durée de la période d'essai, "sans que cela puisse la réduire de plus de la moitié", en cas d'embauche dans l'entreprise à l'issue de la formation |
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Rupture du CDI
dite
"conventionnelle" |
L'employeur et le salarié pourront "convenir en commun des conditions de la fin du contrat de travail qui les lie" |
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L'accord définitif de rupture serait alors homologué par le directeur départemental du travail, dont le silence au bout de 15 jours vaudrait validation |
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Le salarié pourrait bénéficier d'une indemnité spécifique (équivalant à 1/5ème de mois de salaire par année d'ancienneté dans l'entreprise), et accéder aux allocations chômage |
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Rupture du
contrat de travail
pour inaptitude d'"origine non professionnelle" |
Les indemnités de rupture dues aux salariés pourraient être prises en charge par l'entreprise ou par un fond de mutualisation à la charge des employeurs |
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CDD "à terme incertain" |
Un nouveau contrat de travail à durée déterminée verrait le jour, "à terme incertain" et "pour réalisation d'un objet défini". Sa durée serait comprise entre 18 et 36 mois, et il viserait les ingénieurs et cadres pour des projets compris
dans la même période |
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Ce contrat ne pourrait pas faire l'objet d'un renouvellement |
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Le recours à un tel contrat serait conditionné par des accords de branche ou d'entreprise qui préciseraient "les nécessités économiques le justifiant" |
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Ce CDD de type particulier pourrait être rompu à la "date anniversaire de sa conclusion" et pour "un motif réel et sérieux" |
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Si le salarié devait ne pas rester dans l'entreprise après son contrat, son indemnité atteindrait 10 % de la rémunération perçue pendant le contrat.
Il toucherait par ailleurs les allocations chômage |
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Securisation du marché du travail |
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Licenciement |
Il conviendrait de "motiver" les licenciements par un "motif réel et sérieux" |
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Il serait institué une indemnité interprofessionnelle unique de licenciement d'un montant qui ne pourrait être inférieur à 1/5ème de salaire mensuel (contre 1/10ème actuellement) par année d'ancienneté, sauf dispositions plus favorables |
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Ancienneté |
La condition d'ancienneté passerait de 3 ans à 1 an, pour bénéficier de l'indemnisation conventionnelle de la maladie.
Le délai de carence serait ramené de 11 à 7 jours |
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Portabilité de certains droits |
Santé : le salarié pourrait garder sa couverture prévoyance-santé pendant une durée égale à un tiers de sa durée d'indemnisation du chômage, avec un minimum de trois mois |
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Formation : le salarié quittant son entreprise garderait 100 % du solde des heures de formation, acquises au titre du droit individuel à la formation (DIF) |
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Prime pour
les moins de 25 ans
sans emploi |
Une "prime forfaitaire" pour les moins de 25 ans "involontairement privés d'emploi" et n'ayant pas accès aux allocations chômage serait instituée |
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Bilan d'étape professionnel |
Les salariés auraient la possibilité de bénéficier d'une "nouvelle prestation dénommée bilan d'étape professionnel", qui servirait à recenser leurs compétences |
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Moyens de formation pour
"les plus éloignés de l'emploi" |
Les partenaires sociaux devraient prochainement définir les moyens "d'assurer durablement le financement" d'un système de qualification et requalification des salariés et des demandeurs d'emploi les moins formés |